Artpoétique Marieka.p

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Poèsie


Lili

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Lili (prostituée) 

 

 

Elle a à peine vingt ans Lili

Venue d’un pays étranger Lili

Elle a le visage d’une poupée

Le sourire un peu fatigué

Et le regard ensoleillé,

 

Elle met du rouge sur ses lèvres Lili

Une robe bleue comme ses yeux Lili

Elle tapine chaque soir

Pour une petite poignée de dollars

Sous la lueur d’un espoir,

 

Elle va accoster les clients Lili

Dans cette ville un peu paumée Lili

Elle se promène sans un papier

Tous confisqués dans le dossier

D’un proxénète sans pitié.

 

Elle n’a ni famille ni ami Lili

Elle pleure la nuit dans son taudis Lili

Elle roule des joints pour s'extasier

Quand la douleur est trop bleutée

Et ferme les yeux pour s'évader,

 

Elle ne sait plus pour qui elle vit Lili

Dans sa souffrance quotidienne Lili

Elle écrit une lettre à sa mère

Avec tous ses regrets amers

Qui l’ont conduite dans cette galère,

 

Elle espère revoir ses parents Lili

Mais elle n’a pas assez d’argent Lili

Et dans ce monde où elle s’endort

Elle est allée chercher la mort.

Avait-elle raison ou bien tort ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


30/12/2017
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Brume

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Brume,  (départ vers l’au-delà) 

 

 

Quand demain viendra le jour de mon départ

Vers les brumes lointaines inconnues des regards

Quand j’offrirai aux cieux mon tout dernier sourire

Juste avant le voyage, juste avant de mourir,

 

Quand le piano jouera la dernière romance

Mon âme s’élèvera au rythme de la cadence

Au-dessus des montagnes des monts et des vallées

Telle une colombe au-dessus d’un monde dévasté

 

Quand je marcherai sur les dunes fragiles

Quand mes souvenirs deviendront stériles

Voyageur solitaire d’un ultime présage

Le paysage sera-t-il doux ou gorgé d’orage ?

 

Quand viendra le temps de plier bagage

Quand l’existence dévoilera son dernier message

Alors, vers les brumes lointaines d’où l’on revient un jour

J’irai, libérer de ma chair rejoindre l’univers de l’amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


30/12/2017
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Delivrence

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Délivrance, 

 

Dans un coin d’mon jardin, j’vais enterrer mon cœur

Avec tous ses secrets, ses larmes, ses douleurs

Sans fleurs ni couronne juste une petite lueur,

Un cierge, pour me guider près du seigneur.

 

 

Et puis je partirai au pays de Toscane

Vivre mes derniers jours agrippés à ma canne,

Sur la rive du grand lac redécouvrir Sézanne

Le bleu de ses montagnes, la pyramide de cranes,

 

Dans le bruit du silence des brumes adriatiques

Je livrerai mon âme à l’ombre sarcastique

Et laisserai mon corps cette vieille relique

Dans ce décor magique et fantasmagorique,

 

Du haut de l’au-delà je rêverai ma vie

Accrochée à la barre du violier de Daly

Le papillon bateau que je trouve si joli

Me conduira alors, jusqu’au bout de la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


31/12/2017
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L'homme au chapeau

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L'homme au chapeau, 

 

C’était hier, le soir de la St Sylvestre

Il était là, barbe rude, poile gris,

Assis, en tailleur sous le ciel de la nuit

Les passants passaient, sans regarder l’être,

 

L’esprit bien trop occupé, enivrés

Par l’odeur des marrons et du vin chaud,

Des vitrines enjolivées de cadeaux

Des rues enguirlandées, illuminées.

 

Il était là, sous son manteau mité

On aurait cru voir un bonhomme de cire,

Blanc comme neige, visage sans sourire

Sous son chapeau percé, regard gelé,

 

Sous les yeux gris du miséreux, il pleut.

Seul l’enfant peut apercevoir cette eau

Qui conduit au cœur du précieux berceau,

Celui de la vie, de l’amour, de dieu.

 

Il était là, sur le pavé glacé,

Quand une enfant blonde lui tendit la main,

Pour toi, dit-elle à l’homme au galurin.

Sur le visage de cire du vieux pépé

 

Perles de gouttes d’eau, d’émoi, d’amour,

Pour un petit cœur au creux de sa main,

Des marrons chauds, du pain, un verre de vin.

Geste de grâce, spontané sans retour.

 

Le vieux bonhomme sourit à l’enfant blonde

Merci petit ange, de ta bienveillance

Tu es petite, mais grande en conscience,

Tu es l’évidence d’un nouveau monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


31/12/2017
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Poupèe de chiffon

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Poupée de chiffon,  

 

Sous la lueur d’un réverbère

Dans le quartier d’une cité

On distingue la pauvreté

Se maquillant comme l’hiver,

Une poudre blanche sur son visage

Ombre de nuit sur ses grands yeux

Pailleté de lune sur son corsage

Et des dentelles de givre bleu,

 

Elle était là très éphémère

Telle une rose un peu paumée

Les cheveux titrés en arrière

On aurait cru voir une poupée,

Plus belle qu’un oiseau feux

Elle faisait pâlir les mégères

Qui crachaient un venin rugueux

Aussi brûlant que le feu de l’enfer.

 

Car cette pauvrette de chiffon

Détournait le regard des hommes

Sur un petit morceau de cotillon

Qui dévoilait sa peau d’une nonne,

Aussi blanche qu’une colombe

Par la douceur de ses printemps

Aussi vulgaire que la Joconde

Puisqu’elle posait pour de l’argent,

 

Dans des bordels aux murs sombres

Son corps qui n’avait pas vingt ans

Devant  ces êtres sortis de l’ombre

Qui déposaient sans mettre de gant,

Dans les entrailles de la rose

Le fiel impur de leur chair

La condamnant dans la névrose

Jusqu’à la porte du cimetière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


31/12/2017
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